A Myth of Two Souls

Early Times

Texte de Anjali Raghbeer

Pendant ce temps, à Ayodhya, Rama s’instruisait. Tous les matins, il partageait un rickshaw avec ses camarades. Rama apprenait les mathématiques, les langues et la littérature avec le plus grand zèle. Il jouait au cricket et à la course avec les autres garçons, excellant dans tout ce qu’il faisait. Ses cheveux, plus noirs que l’aile du corbeau, ondulaient au vent. Quand il grandit et que s’affinèrent ses yeux de biche, son nez aquilin et ses traits empreints de noblesse, ses boucles noires de jais en firent l’un des plus beaux jeunes hommes de tout le royaume.

Un matin, un sage d’une autre ville arriva à Ayodhya.

« Je suis Vishvamitra » dit-il, en allant trouver le roi Dasharatha à sa cour.

« Que puis-je pour toi, ô grand homme ? Demande et tu seras exaucé », dit Dasharatha.

Vishvamitra répondit sans hésiter : « Donne-moi ton fils aîné, Rama. J’ai besoin de lui pour venir à bout de deux démons qui m’empêchent d’accomplir mes rites. »

Dasharatha frémit. Comment eût-il pu se séparer de son cher Rama ? Dasharatha répondit : « C’est avec grand plaisir que je t’aurais confié mon fils mais celui-ci n’a que quinze ans. Il est encore jeune et sans expérience : jamais il ne pourra venir à bout de ces démons. J’irai avec toi, et avec toute mon armée.

Tu avais promis de m’accorder mon vœu ! » se mit à crier Vishvamitra, rouge de colère.

Les dieux vinrent une fois de plus observer ce qui se passait à Ayodhya. Ils virent que la colère de Vishvamitra avait déchaîné la furie de la nature. Ils envoyèrent aussitôt Vasishtha, un autre grand sage, pour parlementer avec Dasharatha.

« Ô Dasharatha, tu es l’incarnation du dharma sur la Terre. Jamais tu n’as manqué à ta parole, dit Vasishtha. Vishvamitra est un puits de science dans l’art de la guerre : Rama aura beaucoup de chance de pouvoir se former sous sa férule.

Tu dis vrai. Mon amour pour mon fils m’a fait oublier mes devoirs. Que l’on fasse venir Rama à la cour ! », ordonna Dasharatha.

Rama se reposait sur les genoux de sa mère. « Mon fils, le vent tourne. Le temps est venu de troquer ta batte de cricket contre un arc », dit Kaushalya.

Rama respira profondément et fit venir ses frères à leur point de rendez-vous préféré, près du puits, pour leur dire qu’il s’en allait.

Quand Rama arriva à la cour, Dasharatha posa un baiser sur son front. « Quand tu seras de retour, je serai fier de pouvoir dire que tu as été formé par Vishvamitra en personne ».

J’irai avec mon frère, dit Lakshmana, qui avait suivi Rama à la cour.

Ils franchirent la porte du palais et s’enfoncèrent dans la forêt, une jungle infestée de démons et de bêtes féroces. Ils ne savaient rien de ce qui les attendait, si ce n’est que ce voyage ferait d’eux des guerriers.